ROULER DES PELLES AU NÉANT

Lucas Hérault | Cie des Devenirs

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Rouler des pelles au néant, c’est l’histoire d’un artiste qui réalise qu’il est en train de réaliser le spectacle qu’il réalise. Lucas Hérault donne ici à voir – en direct – le processus même de la création : la multitude d’images, de sons, de mots, de pensées, de croyances qui habitent l’artiste lorsqu’il crée.

Rouler des pelles au néant tient davantage de l’accident que du récit, le mouvement qui l’anime est plus fébrile et fiévreux qu’implacable et héroïque. Le comédien bégaie, trébuche et sourit.

 

Le public pénètre dans la salle. Une lumière rousse et tamisée se dépose
sur le plateau jonché de morceaux de papier. Règne un parfum de mystère
pendant que les spectateurs s’installent.

Le comédien entre en scène. Silence toujours. Pendant un temps
suspendu, public et artiste se guettent, se toisent et s’apprivoisent.
La relation commence.

Toujours sans parler, l’acteur se dirige vers un cordon doré pendu en fond
de scène. Il tire. Se déroule une grande carte géographique pleine de
couleurs. C’est la carte de l’Île de la Création. Une première phrase est dite : “C’est là qu’on va”.

Commence alors un voyage au cœur même du processus de création.
L’artiste partage avec le public son désir de spectacle ; les recherches, les
jeux, les danses, les mots. Tout est mis au centre de la relation. Au cours
de son adresse émergent des personnages, des questionnements, des
tentatives de réponses, des langages étranges, des mondes et un joyeux
tourbillon de mouvements.

Balayés par cette exaltation les papiers volent, émerge peu à peu une
grande frise sur laquelle est détaillée toute la construction du spectacle.
S’acharnant à faire le lien entre la carte, la frise et le public, dans ce qui
fut auparavant son imagination, le comédien finira sa course, éreinté mais
heureux dans le public, à regarder la scène vibrant encore avant le noir.

De et par | Lucas Hérault